Cuba (Décès)
Décès de «Papito» Serguera, commandant «censeur» de la Révolution cubaine
Le commandant cubain Jorge «Papito» Serguera, connu pour son rôle de censeur des intellectuels cubains dans les années 1970, est décédé ce mardi 3 février à La Havane à l'âge de 76 ans des suites «d'une longue et grave maladie», a annoncé la télévision cubaine.
Cet avocat de profession avait rejoint le maquis en avril 1958 sous les ordres de Raul Castro et avait participé aux «tribunaux révolutionnaires» ayant ordonné les exécutions de centaines de sbires et partisans du régime dictatorial de Fulgencio Batista, renversé le 1er janvier 1959.
Jorge Serguera a été nommé à la fin des années 1960 à la tête de l'Institut cubain de Radio et Télévision (ICRT) où il a été l'un des principaux artisans de la politique de marginalisation des homosexuels et des intellectuels.
Certains de ces intellectuels ou homosexuels, accusés de «contre-révolution», ont été envoyés dans des Unités militaires d'aide à la production (UMAP), soit des camps de travail.
mercredi 4 février 2009

Simon Cowell : pas gay
Simon Cowell rame pour convaincre qu'il est hétérosexuel alors que la rumeur persiste à dire qu’il est gay.
Le membre du jury d’American Idol, Simon Cowell, souhaite faire taire les mauvaises langues. S’il est célibataire c’est parce qu’il l’a décidé et non parce qu’il est gay. Il a certes quitté sa petite amie de longue date, Terri Seymour, il y a peu mais ça ne fait pas de lui un homosexuel pour autant.
« Je suis ami avec toutes mes ex et j’aime beaucoup leur compagnie, mais je ne suis pas gay. Et puis d’ailleurs dans la musique, la télé, ce n’est pas si rare de voir des homosexuels et ça ne dérange pas. Enfin, on est en 2009 après tout ! Si vous l’êtes, vous l’êtes, si vous ne l’êtes pas, vous ne l’êtes pas.»
A 49 ans, Simon Cowell soutient qu’il est « heureux en solo », et ajoute : « le mariage n’est pas pour moi je pense » mais du coup, il ne sait pas quoi faire des années à venir… Travailler
mardi 3 février 2009
France 3 : Marcel Ruffo s'excuse d'avoir parlé de l'homosexualité comme d'un choix
Le pédopsychiatre Marcel Rufo est l'objet d'une polémique pour avoir qualifié l'homosexualité de "choix" sur France 3 lors de son émission "Le mieux c'est d'en parler". Il a beau tenter de s'excuser pour ces propos, il ne démord pas vraiment de sa thèse.
France 3 consacrait une émission de la série "Le mieux c'est d'en parler", animée par le pédopsychiatre Marcel Rufo, à l'homosexualité chez les jeunes le dimanche 25 janvier dernier.
Au cours de ce programme, Marcel Ruffo a évoqué à plusieurs reprises la notion de "choix" pour qualifier l'orientation sexuelle des jeunes invités.
Ces propos ont heurté de nombreux téléspectateurs homosexuels qui ont écrit à la chaîne pour s'en plaindre.
Alain Le Garrec, le médiateur des émissions de France 3, a transmis ces protestations à Marcel Rufo.
Dans sa réponse publique, le pédopsychiatre reconnaît qu'"un grand nombre de personnes se sont émues du discours sur le 'choix' homosexuel" et se défend d'avoir voulu "culpabiliser les personnes qui ont cette position amoureuse". Toutefois, il s'égare dans des explications qui risquent fort de susciter autant la polémique que le mot "choix".
"Quand je dis 'choix', explique Ruffo, c'est dans le développement de l'enfant, la découverte petit à petit que celui-ci se préfère en tant que fille (par exemple, pour les garçons et réciproquement pour les filles), et que, petit à petit, il porte son affection, puis plus tard, ses sentiments amoureux sur la personne du même sexe".
Marcel Ruffo parle de "position amoureuse" ou de "positionnement" pour qualifier l'homosexualité, ce qui, avouons-le, ne change grand chose à l'affaire. Quelle différence réelle entre "choix" et positionnement? ...
Mis en ligne le 03/02/2009
Le pédopsychiatre Marcel Rufo est l'objet d'une polémique pour avoir qualifié l'homosexualité de "choix" sur France 3 lors de son émission "Le mieux c'est d'en parler". Il a beau tenter de s'excuser pour ces propos, il ne démord pas vraiment de sa thèse.
France 3 consacrait une émission de la série "Le mieux c'est d'en parler", animée par le pédopsychiatre Marcel Rufo, à l'homosexualité chez les jeunes le dimanche 25 janvier dernier.
Au cours de ce programme, Marcel Ruffo a évoqué à plusieurs reprises la notion de "choix" pour qualifier l'orientation sexuelle des jeunes invités.
Ces propos ont heurté de nombreux téléspectateurs homosexuels qui ont écrit à la chaîne pour s'en plaindre.
Alain Le Garrec, le médiateur des émissions de France 3, a transmis ces protestations à Marcel Rufo.
Dans sa réponse publique, le pédopsychiatre reconnaît qu'"un grand nombre de personnes se sont émues du discours sur le 'choix' homosexuel" et se défend d'avoir voulu "culpabiliser les personnes qui ont cette position amoureuse". Toutefois, il s'égare dans des explications qui risquent fort de susciter autant la polémique que le mot "choix".
"Quand je dis 'choix', explique Ruffo, c'est dans le développement de l'enfant, la découverte petit à petit que celui-ci se préfère en tant que fille (par exemple, pour les garçons et réciproquement pour les filles), et que, petit à petit, il porte son affection, puis plus tard, ses sentiments amoureux sur la personne du même sexe".
Marcel Ruffo parle de "position amoureuse" ou de "positionnement" pour qualifier l'homosexualité, ce qui, avouons-le, ne change grand chose à l'affaire. Quelle différence réelle entre "choix" et positionnement? ...
Mis en ligne le 03/02/2009
L'actualité
David & Jonathan débat avec un représentant du Vatican
David & Jonathan (mouvement homosexuel chrétien) a débattu avec un représentant du Vatican à la RTBF (radio nationale belge francophone) le 11 janvier 2009. D&J a accueilli avec beaucoup d’intérêt la volonté de dialogue de ce représentant. Cependant, notre mouvement reste très vigilant face au discours du Vatican qui, non seulement n’est pas favorable aux droits des homosexuel-le-s, mais qui se radicalise.
communiqué de presse David & Jonathan - 1er février 2009
David & Jonathan (D&J) a participé, le 11 janvier, au débat organisé par Jean-Pol HECQ, producteur en chef de l’émission « Et Dieu dans tout ça ? » (magazine des philosophies et des religions). L’émission réagissait aux vœux de Benoît XVI à la Curie et aux positions du Vatican à l’ONU [1]. Commencé avec la théorie du genre, réfutée par le pape dans son discours à la Curie, le débat a essentiellement porté sur l’attitude de l’Eglise catholique romaine à l’égard de l’homosexualité et des homosexuel-le-s.
Les participants étaient Eric de Beukelaer, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique, représentant des autorités du Vatican, José Davin, jésuite belge engagé dans la pastorale des homosexuel-le-s et des jeunes en difficulté, Claude Vandevyver, psychothérapeute et ancien président de la Communauté du Christ Libérateur (équivalent belge de D&J) et François Lutt, co-président de David & Jonathan de 2005 à 2008. Le débat de 45 minutes fut courtois et remarquablement mené par Jean-Pol HECQ. Une version audio est consultable sur le site de D&J.
Les deux représentants de l’Eglise se sont employés, chacun selon sa position, à affirmer que ni l’Eglise ni le Pape n’étaient homophobes. Le Père de Beukelaer a répété, à plusieurs reprises, que la volonté de dialogue et de débat était présente et devait permettre d’avancer, pas à pas. Il a rappelé que l’Eglise avait un projet de vie pour l’homme et voulait offrir des repères dans le cadre de la liberté humaine qui laissait chacun libre d’y adhérer ou non. Il a rappelé la position politique du Vatican qui a refusé d’approuver la motion franco-hollandaise sur la dépénalisation de l’homosexualité tout en s’opposant formellement à toute forme de violence à l’égard des homosexuel-le-s.
José Davin, de son côté, reconnaissait - et déplorait - que la pensée du Vatican était souvent exprimée de façon extrêmement maladroite à l’égard des homosexuel-le-s et qu’elle était d’ailleurs élaborée sans aucune concertation avec des personnes directement concernées. Il rappelait cependant que le magistère insistait sur la nécessité d’accueillir les personnes homosexuelles avec « respect et compassion ».
Les représentants des associations homosexuelles rebondissaient sur ces termes en soulignant que lorsque l’abrégé de catéchisme, publié en 2005 [2], traite dans le même article - et dans les mêmes termes - de l’adultère, du viol, de la prostitution, de la pédophilie et de l’homosexualité, le terme « respect » devient vain. Tandis que la « compassion » (qui signifie « souffrir avec ») montre les limites de l’acceptation, seul-e-s les homosexuel-le-s en souffrance étant dignes d’intérêt. Par ailleurs, le Vatican s’enferme dans son goût pour la politique et dans son obsession pour la morale sexuelle. Il s’éloigne ainsi de sa mission de prophète et du message évangélique qui est bien autre chose qu’une condamnation de l’homosexualité.
François Lutt a conclu en citant l’ouvrage publié par David & Jonathan : « Les homosexuels ont-ils une âme ? » [3] . Dans ce livre, nombre d’hommes et de femmes témoignent qu’ils ont su se mettre debout, se mettre en marche, se construire en faisant cohabiter leur foi et leur homosexualité. Mais beaucoup disent l’avoir fait contre la parole de leur Eglise alors qu’ils ou elles auraient aimé le faire avec elle.
De ce débat, D&J retient particulièrement l’insistance des deux représentants de l’Eglise à continuer le dialogue et le débat. D&J a toujours été partisan et artisan de cette démarche mais les autorités ecclésiales ont rarement le même enthousiasme qu’Eric de Beukelaer ou José Davin. En effet, du Vatican nous parviennent, jour après jour, les échos d’un discours qui se radicalise : rappelons-nous, entre autres, l’instruction sur l’éviction des personnes présentant des tendances homosexuelles des séminaires ou la vive opposition à toute forme d’organisation civile des relations entre personnes de même sexe. D&J maintient sa main tendue tout en demeurant très vigilant et en appelant le Vatican à mesurer combien ses écrits et sa parole servent trop souvent de justification aux actes et aux écrits homophobes de toute nature.
Patrick SANGUINETTI, co-président et porte-parole de David & Jonathan
[1] Cf. le communiqué « Dépénalisation universelle de l’homosexualité à l’ONU : D&J révolté par l’obstruction du Vatican - 15 déc 2008 » disponible sur le site de l’association www.davidetjonathan.com
[2] Catéchisme de l’Église catholique - Abrégé, Editions du Cerf, 2005
[3] David & Jonathan, Les homosexuels ont-ils une âme ?, Editions l’Harmattan, 2008
David & Jonathan débat avec un représentant du Vatican
David & Jonathan (mouvement homosexuel chrétien) a débattu avec un représentant du Vatican à la RTBF (radio nationale belge francophone) le 11 janvier 2009. D&J a accueilli avec beaucoup d’intérêt la volonté de dialogue de ce représentant. Cependant, notre mouvement reste très vigilant face au discours du Vatican qui, non seulement n’est pas favorable aux droits des homosexuel-le-s, mais qui se radicalise.
communiqué de presse David & Jonathan - 1er février 2009
David & Jonathan (D&J) a participé, le 11 janvier, au débat organisé par Jean-Pol HECQ, producteur en chef de l’émission « Et Dieu dans tout ça ? » (magazine des philosophies et des religions). L’émission réagissait aux vœux de Benoît XVI à la Curie et aux positions du Vatican à l’ONU [1]. Commencé avec la théorie du genre, réfutée par le pape dans son discours à la Curie, le débat a essentiellement porté sur l’attitude de l’Eglise catholique romaine à l’égard de l’homosexualité et des homosexuel-le-s.
Les participants étaient Eric de Beukelaer, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique, représentant des autorités du Vatican, José Davin, jésuite belge engagé dans la pastorale des homosexuel-le-s et des jeunes en difficulté, Claude Vandevyver, psychothérapeute et ancien président de la Communauté du Christ Libérateur (équivalent belge de D&J) et François Lutt, co-président de David & Jonathan de 2005 à 2008. Le débat de 45 minutes fut courtois et remarquablement mené par Jean-Pol HECQ. Une version audio est consultable sur le site de D&J.
Les deux représentants de l’Eglise se sont employés, chacun selon sa position, à affirmer que ni l’Eglise ni le Pape n’étaient homophobes. Le Père de Beukelaer a répété, à plusieurs reprises, que la volonté de dialogue et de débat était présente et devait permettre d’avancer, pas à pas. Il a rappelé que l’Eglise avait un projet de vie pour l’homme et voulait offrir des repères dans le cadre de la liberté humaine qui laissait chacun libre d’y adhérer ou non. Il a rappelé la position politique du Vatican qui a refusé d’approuver la motion franco-hollandaise sur la dépénalisation de l’homosexualité tout en s’opposant formellement à toute forme de violence à l’égard des homosexuel-le-s.
José Davin, de son côté, reconnaissait - et déplorait - que la pensée du Vatican était souvent exprimée de façon extrêmement maladroite à l’égard des homosexuel-le-s et qu’elle était d’ailleurs élaborée sans aucune concertation avec des personnes directement concernées. Il rappelait cependant que le magistère insistait sur la nécessité d’accueillir les personnes homosexuelles avec « respect et compassion ».
Les représentants des associations homosexuelles rebondissaient sur ces termes en soulignant que lorsque l’abrégé de catéchisme, publié en 2005 [2], traite dans le même article - et dans les mêmes termes - de l’adultère, du viol, de la prostitution, de la pédophilie et de l’homosexualité, le terme « respect » devient vain. Tandis que la « compassion » (qui signifie « souffrir avec ») montre les limites de l’acceptation, seul-e-s les homosexuel-le-s en souffrance étant dignes d’intérêt. Par ailleurs, le Vatican s’enferme dans son goût pour la politique et dans son obsession pour la morale sexuelle. Il s’éloigne ainsi de sa mission de prophète et du message évangélique qui est bien autre chose qu’une condamnation de l’homosexualité.
François Lutt a conclu en citant l’ouvrage publié par David & Jonathan : « Les homosexuels ont-ils une âme ? » [3] . Dans ce livre, nombre d’hommes et de femmes témoignent qu’ils ont su se mettre debout, se mettre en marche, se construire en faisant cohabiter leur foi et leur homosexualité. Mais beaucoup disent l’avoir fait contre la parole de leur Eglise alors qu’ils ou elles auraient aimé le faire avec elle.
De ce débat, D&J retient particulièrement l’insistance des deux représentants de l’Eglise à continuer le dialogue et le débat. D&J a toujours été partisan et artisan de cette démarche mais les autorités ecclésiales ont rarement le même enthousiasme qu’Eric de Beukelaer ou José Davin. En effet, du Vatican nous parviennent, jour après jour, les échos d’un discours qui se radicalise : rappelons-nous, entre autres, l’instruction sur l’éviction des personnes présentant des tendances homosexuelles des séminaires ou la vive opposition à toute forme d’organisation civile des relations entre personnes de même sexe. D&J maintient sa main tendue tout en demeurant très vigilant et en appelant le Vatican à mesurer combien ses écrits et sa parole servent trop souvent de justification aux actes et aux écrits homophobes de toute nature.
Patrick SANGUINETTI, co-président et porte-parole de David & Jonathan
[1] Cf. le communiqué « Dépénalisation universelle de l’homosexualité à l’ONU : D&J révolté par l’obstruction du Vatican - 15 déc 2008 » disponible sur le site de l’association www.davidetjonathan.com
[2] Catéchisme de l’Église catholique - Abrégé, Editions du Cerf, 2005
[3] David & Jonathan, Les homosexuels ont-ils une âme ?, Editions l’Harmattan, 2008
lundi 2 février 2009
Colombie : la Cour constitutionnelle reconnaît l'égalité des droits aux couples homos
La Cour constitutionnelle de Colombie a reconnu jeudi le droit de couples homosexuels à l'égalité avec les couples hétérosexuels. Les juges ont estimé que la loi actuelle violait "le principe de non-discrimination et dignité humaine".
Le jugement de la plus instance judiciaire du pays fait suite à une requête conjointe d'organisations LGBT et de défense des droits de l'Homme. Cette décision est salué comme "historique" par le mouvement gay.
Mis en ligne le 02/02/2009
La Cour constitutionnelle de Colombie a reconnu jeudi le droit de couples homosexuels à l'égalité avec les couples hétérosexuels. Les juges ont estimé que la loi actuelle violait "le principe de non-discrimination et dignité humaine".
Le jugement de la plus instance judiciaire du pays fait suite à une requête conjointe d'organisations LGBT et de défense des droits de l'Homme. Cette décision est salué comme "historique" par le mouvement gay.
Mis en ligne le 02/02/2009
Marseille : la Ville cesse de subventionner le festival de films LGBT Reflets
La Ville de Marseille a décidé de cesser de subventionner le festival de films LGBT "Reflets" qui existe depuis 2002.
Le conseiller culturel de la ville a indiqué au président de l'association organisatrice que "le comité d'experts audiovisuel cinéma 2009, réuni à l'initiative de la Direction générale des affaires culturelles de la Ville, n'a pas souhaité apporter son soutien au festival Reflets 8ème édition".
L'an dernier, Jean Claude Gaudin, en campagne pour sa ré-élection, avait affirmé qu'il avait "toujours soutenu le festival", malgré un courrier identique à celui reçu cette année sur lequel la municipalité avait du revenir.
Mis en ligne le 02/02/2009 /E-llico télex
La Ville de Marseille a décidé de cesser de subventionner le festival de films LGBT "Reflets" qui existe depuis 2002.
Le conseiller culturel de la ville a indiqué au président de l'association organisatrice que "le comité d'experts audiovisuel cinéma 2009, réuni à l'initiative de la Direction générale des affaires culturelles de la Ville, n'a pas souhaité apporter son soutien au festival Reflets 8ème édition".
L'an dernier, Jean Claude Gaudin, en campagne pour sa ré-élection, avait affirmé qu'il avait "toujours soutenu le festival", malgré un courrier identique à celui reçu cette année sur lequel la municipalité avait du revenir.
Mis en ligne le 02/02/2009 /E-llico télex
samedi 31 janvier 2009

Sénégal : confidences d’un homosexuel « outé »
Le magazine « Icône » a dévoilé son orientation sexuelle l’an dernier
Moussa* fait partie des homosexuels dont une photo a été publiée fin janvier 2008 dans le magazine people sénégalais Icône. Suite à cet outing, la vie de ce jeune homme de 24 ans est devenue un véritable cauchemar. Il s’est confié à Afrik en marge de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (Cisma, du 3 au 7 décembre à Dakar).
samedi 31 janvier 2009, par Habibou Bangré
Notre envoyée spéciale à Dakar
Impossible de rater Moussa*. Ce Sénégalais est grand, svelte, bel homme. Mais depuis un an, ce n’est pas son allure de jeune éphèbe qui attire les regards. C’est sa réputation. Moussa fait partie des personnes qui apparaissent sur les prétendues photos d’un « mariage gay », publiées fin janvier 2008 dans le magazine people Icône.
« Regarde ! Ton fils est homosexuel ! »
« Lorsque le magazine est sorti, explique Moussa dans un français approximatif, mon travail m’a dit de dégager, mes amis m’ont laissé tomber, ma famille m’a dit de partir. Ma mère pleurait, elle me disait de rester. Mais mon frère est arrivé avec le magazine et lui a dit : "Regarde ! C’est ton fils qui est là ! Il est homosexuel !" Mais ma mère voulait quand même que je reste. »
Moussa doit tout de même plier bagages. Car, suite aux dénonciations d’Icône, une véritable chasse aux homosexuels est ouverte, avec l’appui de certains leaders religieux. Une chasse qui fait quelques morts suite à des lynchages. « J’ai fui en Mauritanie, où j’avais un ami gay. Là-bas, je n’avais pas peur qu’on me fasse du mal, je me sentais en sécurité », confie le jeune homme de 24 ans.
« Avant, tu pouvais draguer comme tu voulais »
Depuis son exil, il se souvient d’avoir appelé sa mère pour lui donner des nouvelles. « Elle m’a dit : "Toi et moi, c’est jusqu’à la mort". J’en ai pleuré tellement j’étais ému ». Le temps passe, et un ami informe Moussa que les violences homophobes se sont calmées. Il rentre alors au pays et s’installe avec « un copain gay dans une petite pièce dans la banlieue de Dakar ».
Nostalgique, Moussa rappelle la situation des homosexuels avant la publication d’Icône. « Tu pouvais draguer comme tu voulais. On se retrouvait dans des boîtes de nuit, sur les plages, dans des soirées gay discrètes… », raconte le secrétaire de l’association Espoir Hope, qui lutte contre le sida chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Le corps d’un homosexuel « frappé » dans un cimetière
Aujourd’hui, le tableau est bien différent. « Depuis Icône, je ne suis plus à l’aise et je n’ose plus trop sortir, se désole Moussa. Tellement d’homos sont agressés... Il ne se passe pas un jour sans que l’on entende parler d’un problème. Par exemple, mon meilleur ami est décédé récemment. Lorsque sa famille a voulu l’enterrer, on l’a empêchée d’entrer dans le cimetière et les gens ont frappé le corps… Est-ce que ça se fait ça ?! Ce n’est pas bien ! »
Et l’ancien vendeur de vêtements au chômage de souligner un paradoxe. « On dit que le Sénégal est le pays de la Teranga (l’hospitalité) mais les homosexuels ne peuvent même pas sortir parce qu’ils ont peur ! » Il précise « qu’ici quand tu es gay ta famille ne t’aime pas. Mais quand tu as de l’argent, tout va bien… ». Du coup, lassé de la peur, de la violence et de l’hypocrisie, Moussa n’a qu’une seule envie : « Partir en Europe pour vivre mieux ».
*Le prénom a été changé
Source :GOOGLE Actualités/Afrik.com
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